PERSPECTIVES

Le magazine du cours FLFR 480-580 de NIU

Les « écoles du désert »

En 2004, pour mes vacances de Noël, âgé alors de 13 ans, j’ai participé à une aventure unique en son genre, unique dans la vie d’une personne, un moment inoubliable de ma vie. Cette expérience est appelée « les écoles du désert ». Chaque année, les magasins CORA (supermarchés français) organisent un concours de dessin pour les adolescents de 11 à 13 ans, avec à la clef, un séjour d’une semaine en Afrique. Ce séjour n’est pas commun, vu que c’est en fait une mission humanitaire qui a pour but d’aider les enfants démunis d’Afrique en leur donnant des affaires scolaires, comme des stylos, des cahiers, des feutres, des ardoises etc. Pendant une semaine, des enfants venant de toute la France, et de Belgique, parcourent les routes d’un pays d’Afrique, s’arrêtent dans des villages pour donner du matériel scolaire aux élèves, partagent un bout de culture, s’amusent avec les élèves et reprennent la route. Voici mon aventure d’une semaine au Burkina Faso.

Quand je me suis inscrit pour participer au concours, je voulais en fait gagner le baladeur cd ou le vélo. Jamais j’aurais pensé pouvoir gagner le concours. Lors d’une des mes récréations au collège, ma mère m’a appelé en me disant que j’avais gagné le concours pour le magasin de mon canton. La surprise était de taille. Moi, Nathan, n’ayant quasiment aucun talent artistique, avais gagné un concours m’envoyant une semaine en Afrique pour aider les enfants démunis. Bien entendu, j’ai accepté et ai commencé à remplir les formulaires, faire les vaccins nécessaires, assister à des réunions pour rencontrer les autres gagnants, les moniteurs, les accompagnateurs, etc.

Le 21 décembre 2004, l’aventure a commencé. Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. Mes parents m’ont emmené à Metz, point de rendez-vous et de départ. Après des au revoir bizarres (13 ans et une semaine sans parents en Afrique, ça fait un changement), le bus a pris la route pour Paris avec les gagnants de l’Est de la France. Personne ne se connaissait. J’étais encore timide à l’époque, donc me faire des amis rapidement était difficile. Très rapidement, on a tous commencé à se parler et à tisser les premières amitiés. Après une nuit très courte dans un hôtel à côté de l’aéroport Charles de Gaule, l’avion nous emmenait au Burkina Faso.

Une fois sur place, premier choc ; la chaleur. Même en décembre, la chaleur est au rendez-vous, raison pour laquelle nos vêtements étaient « d’été ». Après avoir pris place dans la « caravane du désert » (quarante 4X4 pour toutes les personnes présentes), nous avons pris la route. Pendant plusieurs heures, nous nous sommes éloignés de la capitale, Ouagadougou, pour finalement arriver à notre premier bivouac. Et oui, pas d’hôtel pour nous, mais bien des tentes, des douches à l’eau froide, des toilettes inexistantes (cependant la nature est très présente, les arbres sont assez gros pour nous cacher…), pas d’électricité quasiment ; du camping au vrai sens du terme. Après un premier briefing (comme on les appelait) sur ce que nous allions faire le lendemain, tous au lit après cette journée épuisante.

Premier vrai jour de l’aventure africaine. À nouveau, nous avons passé plusieurs heures dans les 4X4 afin d’arriver dans le premier village, et une fois sur place, LA claque. Un village réuni, des villageois en fête, des gens qui dansent, d’autres qui chantent, tout le village est réuni pour nous. C’est à ce moment là que je me suis rendu compte de la différence de culture et de mon rôle pendant une semaine. Après avoir donné des centaines d’articles scolaires aux villageois, nous avons partagé un repas avec eux, fait la fête avec eux, échangé des adresses pour futures correspondances, et nous avons repris la route. Durant une semaine, nous avons « doté » (terme utilisé pour donner des affaires scolaires aux écoles) plus de dix écoles et rencontré des centaines de personnes rendant cette aventure incroyable.

Notre circuit humanitaire nous a fait parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres, rencontrer des gens incroyables, échanger notre culture avec les élèves africains, mais pas seulement. Pour rendre se séjour plus qu’unique, les organisateurs nous avaient préparé quelques surprises de tailles ! Balades en dromadaire aux abords du Sahara, ou encore d’autres balades en âne ou en chèvre dans les villages, rencontre avec un père Noël africain le jour de / la veille de ? Noël (hé oui, j’ai passé mon premier Noël loin de ma famille à 13 ans), quelques visites culturelles, ont rendu ce séjour unique.

Presque dix ans après cette aventure, je me souviens encore parfaitement bien de chaque journée passée dans cette caravane du désert. Cette expérience a changé ma vision du monde et surtout de l’Afrique. Une phrase remarquable qu’un des participants a dite et qui résume cette aventure est: « Ils n’ont rien et sont tellement heureux, profitant de chaque jour, alors que nous, nous avons tout et sommes malheureux ».

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Cette entrée a été publiée le 3 décembre 2012 par dans 2012 Fall, Reportages.

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