PERSPECTIVES

Le magazine du cours FLFR 480-580 de NIU

« Et action ! » Avec Chrétien de Troyes

Chrétien de Troyes. Ce nom peu commun excite déjà ma curiosité. Ne voulez-vous pas savoir s’il était chrétien ? Était-il noble en raison de la particule? Venait-il vraiment de la ville de Troyes ? C’est un nom inhabituel à notre époque, mais c ‘est tout simplement le sien. Selon les spécialistes du Moyen-âge, on connaît peu sur la vie de Chrétien de Troyes. Vous vous demandez pourquoi faut-il le connaître si on connaît peu sur sa vie? Que vous apporte-t-il ? Qu’est-ce qu’il a fait de si intéressant pour être connu ? La réponse est basée sur ses écrits. On sait qu’il était poète français et travaillait pour la comtesse Marie, future reine d’Angleterre et épouse d’Henri II. Donc, Chrétien de Troyes connaissait bien la vie de la cour et incluait cette connaissance dans ses romans-poèmes.

En effet, il est connu pour ses romans-poèmes qui sont considérés comme l’une des premiers œuvres écrites en française. Parce qu’ils étaient les premiers récits écrits, l’intérêt à connaître cet auteur devrait déjà stimuler notre curiosité sur Chrétien de Troyes et ses œuvres. Il a écrit plusieurs romans datés entre 1170-1185, dont l’un est intitulé Lancelot, duquel mon extrait est choisi. Il a fallu traduire ces écrits en français moderne pour que les contemporains les comprennent. En plus de connaître l’origine des romans, il est intéressant de savoir que Chrétien de Troyes a créé Camelot, le saint Graal et le chevalier Lancelot à la suite des récits appartenus à d’autres auteurs qui eux ont créé la cour du roi Arthur, ainsi que la table ronde et Excalibur. Si vous êtes curieux sur la vie du Moyen-âge, vous pouvez trouver de éléments médiévaux authentiques dans ses œuvres comme des chevaliers loyaux se battant pour sa dame, des rois bons ainsi que méchants, de la magie à vous terrifier et d’autres excitants éléments. Si vous aimez la légende du roi Arthur, l’amour impossible entre un chevalier et sa reine, le devoir chevaleresque, vous allez aimer les œuvres de Chrétien de Troyes.

Comme je l’ai mentionné plus haut, Chrétien de Troyes a composé des romans-poèmes. C’est un autre aspect de la raison pour laquelle Chrétien de Troyes devrait être connu. Cela vous paraît-il bizarre ? Est-ce un roman ou un poème ? À quoi cela ressemble-t-il ? En effet, c’est un récit épique de la longueur d’un roman écrit en vers et des pieds créant des rythmes qui peuvent facilement être intégrés dans une chanson médiévale que les troubadours utilisaient pour divertir la cour et le public. Chrétien de Troyes a donc fait plus qu’un roman, il a écrit une épopée française avec ses propre légendes et des aventures chevaleresques. C’est une littérature épique bien différente de l’Iliade et l’Odyssée d’Homère. Voulez-vous en savoir plus sur une épopée à la française ? Chrétien de Troyes est celui qui a travaillé sur le genre épique français. Cela comprend plusieurs thèmes comme l’amour, le pouvoir, la vie quotidienne à la cour, le langage médiéval, et cela inclut aussi des objets symboliques, de la magie et des héros et des vilains puissants. Sans oublier l’action chevaleresque qui est présente dans ses romans, si bien décrite qu’on peut se sentir transporté dans Medieval Times, un restaurant qui présente aussi un spectacle médiéval à Chicago avec un peu d’imagination et de création.

Voici comme promis un goût spectaculaire très vif de Lancelot de Chrétien de Troyes où le chevalier Lancelot affronte le prince noir Méléagant, qui a enlevé la reine Guenièvre et d’autres personnes du royaume du roi Arthur. L’original est à gauche et la traduction est à droite. Cet extrait a été tiré du livre Lancelot ou Le Chevalier de la Charrette de Chrétien de Troyes, traduit par Jean- Claude Aubailly (1991, pg. 245) :

et hurtent les escuz des cotes,s’ont les enarmes anbracieeset poignent si que deus bracieesparmi les escuz s’antranbatentdes lances, si qu’eles esclatentet esmïent com brandon.Et li cheval tot de randon

s’antrevienent que front a front

et piz a piz hurté se sont ;

et li escu hurtent ansanble

et li hiaume, si qu’il resanble

de l’escrois que il ont doné

que il eüst molt fort toné

qu’il n’i remest peitrax ne cengle,

estriés e resne ne varengle

a ronpre, et des seles peçoient

li arçon qui molt for estoient.

Ne n’i ont pas grand honte eü

se il sont a terre cheü

des que trestot ce lor failli ;

tost refurent an piez sailli,

si s’antreviennent sanz jengler,

et se fierent sans menacier

granz cos des espees d’acier,

come cil qui molt s’antreheent.

Sovant si aspremant se reent

les hiaumes et les hauberts blans

qu’après le fer en saut li sans.

La bataille molt bien fornissent,

qu’il s’estoutoient et leidissent

des pesanz cos et les felons.

Maintz estors fiers et durs et lons

S’antredonerent par igal,

c’onques ne del bien en del mal

ne s’an sorent auquel tenir.

Mes ne pooit pas avenir

que cil qui ert au pont passez

ne fust afebloiez assez

des mains que il avoit plaiees.

d’un coup de coude, ils ramènent leur écu en avant et glissent leur bras dans les courroies de soutien. Ils éperonnent et se heurtent de leurs lances en plein milieu de leurs écus avec une telle violence qu’elles éclatent et volent en morceaux comme du petit bois. Dans le même élan, leurs destriers se sont rencontrés front contre front, poitrail contre poitrail ; leurs écus et leurs heaumes se sont entrechoqués avec un tel fracas qu’on eût cru entendre un éclat de tonnerre et il ne reste aucun poitrail, aucune sangle, aucun étrier, aucune rêne, aucune autre pièce de harnais qui ne se rompe ; même les arçons des selles qui étaient pourtant solides, sont mis en pièces. Les chevaliers n’ont pas eu à rougir d’avoir roulé à terre dés lors que leurs équipements les ont ainsi trahis. D’ailleurs tous les deux se relevèrent d’un bond et fondirent l’un sur l’autre sans proférer un seul mot, avec la férocité de deux sangliers. Sans une insulte ni une menace, ils s’assènent de violents coups d’épée en ennemis habités par une haine mortelle. Souvent, dans leur ardeur, ils entament si profondément les heaumes et les cottes de mailles que le sang en gicle à la suite des éclats. Ils jettent toutes leurs forces dans la brutalité sauvage de leurs coups répétés. Pendant longtemps ils luttèrent d’égal dans un violent corps à corps fait d’assauts successifs et personne ne put les départager en bien ou en mal. Mais il était fatal que celui qui avait traversé le pont sentît enfin la force abandonner ses mains blessées.
La rédaction de cet article m’a mieux appris l’usage des verbes savoir et connaître. Savoir est utilisé seulement pour des faits. J’ai aussi appris plusieurs mots du vocabulaire équestre, comme destrier, étrier, poitrail et arçons de la selle. À cause de ma curiosité, j’ai appris qu’il était intéressant de comparer le français contemporain avec le français médiéval auquel il était impossible pour moi de le comprendre.


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Cette entrée a été publiée le 3 mars 2014 par dans 2012 Fall, Littérature.

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