PERSPECTIVES

Le magazine du cours FLFR 480-580 de NIU

Projecteur sur une auteure – Mariama Bâ

Mariama Bâ. Une si longue lettre. Groupe Privat/le Rocher, 2005 (première publication, Les Nouvelles Éditions Africaines du Sénégal, 1979).

 

J’ai choisi Mariama Bâ parce que son travail est révolutionnaire par le fait qu’elle donne une voix aux femmes africaines. La plupart des écrivains africains depuis l’indépendance du colonialisme ont été des hommes, qui ont écrit notamment sur les luttes sociales et politiques des élites instruites, ou bien des hommes, qui ont été exploités dans leur collaboration avec les puissances coloniales européennes. Bâ donne un aperçu du monde d’une femme africaine, mettant l’accent sur les luttes émotionnelles que le personnage principal vit en tant que femme et épouse, surtout quand son mari épouse une seconde femme. Elle se sent comme s’il avait rejeté leur vie ensemble, malgré le fait que la polygynie soit sanctionné par l’Islam et la tradition africaine pré-islamique. Le roman est écrit comme une lettre que l’enseignante sénégalaise Ramatoulaye écrit à sa meilleure amie après avoir reçu une lettre d’elle. Ramatoulaye est récemment devenu veuve, et cette amie, Aïssatou, a obtenu le divorce le jour précédent.

 

Ce passage illustre la situation de la femme sénégalaise:

« C’est le moment redouté de toute Sénégalaise, celui en vue duquel elle sacrifie ses biens en cadeaux à sa belle-famille, et où, pis encore, outre les biens, elle s’ampute de sa personnalité, de sa dignité, devenant une chose au service de l’homme qui l’épouse, du grand-père, de la grand-mère, du père, de la mère, du frère, de la sœur, de la tante, des cousins, des cousines, des amis de cet homme. Sa conduite est conditionnée: une belle-sœur ne touche pas la tête d’une épouse qui a été avare, infidèle ou inhospitalière. » (pages 16-17)

Vers la fin de sa lettre, elle déclare:

« Chaque femme fait de sa vie ce qu’elle souhaite. Une vie de femme dissolue est incompatible avec la morale. Que tire-t-on des plaisirs? Une vieillissement précoce et l’avilissement, pas de doute, je soulignais encore. Mes mots tombaient difficilement devant mes auditrices. De l’assistance, j’étais la plus vulnérable. Car aucune surprise n’étatit peinte sur les visages du trio. Mes phrases hachées n’avaient suscité aucun intérêt particulier. J’avais l’impression d’enfoncer une porte ouverte. » (page 163)

 

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Cette entrée a été publiée le 2 mai 2014 par dans Littérature, Printemps 2014, et est taguée , , .

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