PERSPECTIVES

Le magazine du cours FLFR 480-580 de NIU

Ralph Strozza : ancien élève de NIU et PDG d’Interpro Translation Solutions

Avez-vous besoin de traduire un projet, un site-web, ou du logiciel ? Interpro Translation Solutions peut vous aider ! Nous avons rencontré son Président-Directeur Général, Ralph Strozza et lui avons posé des questions à propos de sa prospère entreprise de traduction.

  • Présentez-nous votre entreprise en quelques mots.

J’ai fondé Interpro Translation Solutions en 1995. Nous avons fêté notre 19e anniversaire le 5 mars. Nous sommes une société qui fournit des services de localisation de logiciel, de sites web, de documentation d’apprentissage en ligne, de matériaux de marketing, de présentations et de brochures. Ce que nous essayons de faire, c’est de fournir un service complet pour tous types de matériaux, tous types de contenu, comme ça, si un client a besoin de faire une présentation de marketing, nous pouvons la traduire en plus de 40 langues, par exemple.

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Ralph Strozza

  • Qu’est-ce qui vous a motivé à créer cette entreprise?

J’avais travaillé pour des sociétés en Europe et aussi ici aux Etats-Unis, où je gérais des services de traduction internes, et je savais qu’il y avait un marché pour ce service. Je voulais ma propre indépendance ; je voulais être mon propre chef. Je voulais créer une société dédiée au développement des produits multilingues et avoir la possibilité de mieux gagner ma vie qu’un simple employé.

  • Pensez-vous qu’il y ait encore de l’avenir pour la traduction? Beaucoup de monde pense qu’il n’y a pas trop d’avenir pour les traducteurs. Qu’est-ce que vous en pensez?

C’est très faux. Nous vivons désormais dans un monde globalisé, interconnecté où les langues sont plus importantes que jamais. Un traducteur peut gagner un très bon salaire (de $35 000 à 75 000/an pour le secteur privé.

  • Selon vous, que faut-il pour être un bon traducteur, une base solide d’études dans ce domaine et/ou une connaissance approfondie des langues sources/cibles? Employez-vous aussi des étudiants/traducteurs juniors?

Pour moi, un bon traducteur est quelqu’un qui a un diplôme, par exemple, en langues. Il faut avoir une bonne connaissance de la langue cible et de la langue source. En plus, il faut une bonne connaissance de la culture, de l’histoire, et de la politique des pays concernés.  Nous faisons des stages personnalisées. Nous avons fait des stages pour NIU. C’est difficile à faire des stages en traduction parce que nous travaillons exclusivement avec des traducteurs qui sont chacun dans leur pays. Ici, nous avons nos ingénieurs, nos gestionnaires de projets, nos spécialistes de la PAO (Publication Assistée par Ordinateur), et nos vendeurs.

  • Que pensez-vous des logiciels de traduction? Les avis sont souvent mitigés. Peut-on les utiliser comme outil principal  ou plutôt en derniers recours (pour la relecture, par exemple)?

Pour traduire aujourd’hui, il faut absolument utiliser des outils. Surtout à cause de la quantité d’information qu’on a aujourd’hui. Un traducteur humain n’est pas capable de retenir toute ces informations.

  • Justement, parlez-nous de « Trados », comment ça marche et qui l’a inventé…?
Les bureaux d'Interpro à Lisle

Les bureaux d’Interpro à Lisle

C’est un logiciel qui a été créé en Allemagne dans les années 80 pour traduire beaucoup de longs documents en peu de temps. Sans le traducteur humain, « Trados » ne fait rien du tout. Une phrase source est introduite par le traducteur, la case de la phrase cible est vide, jusqu’à ce que le traducteur traduise. Une fois que ça a été traduit, édité, rédigé, c’est emmagasiné dans la mémoire de traduction qui est créée au fur et à mesure qu’on traduit. Elle emmagasine des segments sources et cibles, ça rend le style et la terminologie homogènes. Si quelque chose a déjà été traduit, des « fuzzy matchings » (correspondances possibles) sont présentées au traducteur. Le traducteur peut les utiliser comme base pour sa traduction. La mémoire de traduction est sur un réseau, ce qui fait que plusieurs traducteurs peuvent travailler sur le même document avec la même mémoire de traduction, la même terminologie, le même style, sans sacrifier la qualité de la traduction finale. C’est rentable pour le client, et c’est rentable pour nous: une traduction d’un segment qui n’a jamais été traduit sera facturée au mot à 100%, mais si c’est un segment déjà traduit, il sera facturé à 40% du prix normal. Plus il y a de correspondances déjà existantes, moins chère la traduction sera pour le client. Enfin, si les clients ne sont pas satisfaits de nos services, ils peuvent changer de société de traduction sans perdre leur investissement dans les traductions. Ils gardent la mémoire de traduction (c’est leur propriété intellectuelle).

  • Quels types de personne embauchez-vous? Est-ce qu’elles sont toutes bilingues?

Nous avons quatre gestionnaires de projets, tous bilingues. Ils parlent français, chinois, japonais, et espagnol. Nous avons deux ingénieurs, tous les deux aussi bilingues. Ils parlent arabe, bosniaque, allemand et serbe. Parmi nos deux spécialistes de mise en page, l’un est monolingue, mais il lit d’autres langues sans les parler, l’autre est de langue maternelle japonaise, mais elle parle aussi l’italien. Nous avons cinq commerciaux, dont deux parlent une langue étrangère. Dans l’administration, notre secrétaire ne parle qu’anglais, mais elle est d’origine hollandaise. Enfin, la direction,… moi je parle quelques langues (cinq). Donc, la plupart des gens qui travaillent ici parlent au moins une ou deux langues étrangères.

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Les ingénieurs : Boris et Beshar

  • Comment vendez-vous votre « produit »?

Nous dépensons beaucoup d’argent en marketing et en publicité pour être en contact avec les sociétés qui sont intéressées par des systèmes d’apprentissage en ligne. Nous participons à des salons, par exemple, ce mois-ci, nous allons à « Learning solutions » à Orlando, en Floride. Nous serons la seule société de traduction présente. On fait de la publicité en ligne et aussi dans les publications. La plupart de nos nouveaux clients le deviennent par référence d’un autre client. On fait aussi du démarchage téléphonique: avec des listes de contact, de nouvelles sociétés qui se créent à l’étranger et qui ont sûrement besoin de traduction. Nous assistons à des évènements de réseautage où l’on voit des représentants d’autres sociétés, et parfois nous finissons par rencontrer quelqu’un qui a besoin de nos services de traduction. Il y aussi le parrainage, on sponsorise des dîners professionnels et nous y apposons notre logo, c’est une opportunité de faire connaître notre image de marque.

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    Les commerciaux : Nicholas et Dean

    Comment les Chicago Bears sont-ils devenus vos clients?

Parce que Nicholas, l’un de nos commerciaux, est fou des Chicago Bears. Il avait un contact depuis 2007-2008, alors qu’il était étudiant à NIU. Il a effectué un stage chez eux, et quand ils ont eu besoin de traduire leur police de confidentialité en espagnol, ils l’ont contacté. Parfois ça peut prendre 10 ans ou plus pour qu’un contact se transforme en client, selon ses besoins.

  • Dernières questions. Est-ce que vous pensez étendre votre entreprise. Est-ce que vous avez des sièges dans d’autres endroits?

Notre siège social est ici, à Lisle. Nous avons un bureau de vente en Californie, à San Diego. C’est John qui est là-bas et nous avons un bureau de traduction en Argentine, à Rosario. C’est notre antenne espagnole pour l’Amérique latine. Nous y avons dix personnes. Pourquoi est-ce que nous faisons la traduction en espagnol nous-mêmes, et pas pour les autres langues? Parce qu’en volume de traduction, c’est la langue la plus importante, et je voulais maintenir un contrôle étroit sur ce segment de notre activité. Pour les autres langues, nous avons  2700 ressources linguistiques. Pour l’espagnol européen, nous avons un partenaire à Séville. 

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La responsable administrative : Karen

Je suis satisfait de la taille actuelle de la société. On est petit, mais ça me permet de garder la main à la pâte, de bien connaître mes employés, mes clients et mes partenaires. Une fois par an, on se réunit. Par exemple, je vais bientôt participer à un colloque à Istanbul, et ça nous permet aussi de se parler face à face au lieu de faire des emails, des conférences vidéo,… Pour moi c’est important d’avoir ce contact avec les gens avec qui je travaille. Ca ne m’intéressait pas de créer une société publique avec 5000 employés. Ce qui m’intéresse c’est d’apporter une valeur ajoutée aux clients. C’est pour ça qu’on a des clients depuis notre création, en 1995-1996, presque 20 ans. Je ne sais pas si je pourrais avoir les mêmes types de relations si on avait 5000 clients. 

 

Site web : http://www.interproinc.com/

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Cette entrée a été publiée le 5 mai 2014 par dans Printemps 2014, Reportages, et est taguée , , .

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